Tchouang Tseu

10 septembre 2011

Savoir faire la part de l’action du ciel et de l’action de l’homme, voilà l’apogée de l’enseignement et de la science.— Savoir ce qu’on a reçu du ciel, et ce qu’on doit y ajouter de soi, voilà l’apogée. — Le don du ciel, c’est la nature reçue à la naissance. Le rôle de l’homme, c’est de chercher, en partant de ce qu’il sait, à apprendre ce qu’il ne sait pas ; c’est d’entretenir sa vie jusqu’au bout des années assignées par le ciel, sans l’abréger par sa faute. Savoir cela, voilà l’apogée. — Et quel sera le critère de ces assertions, dont la vérité n’est pas évidente ? Sur quoi repose la certitude de cette distinction du céleste et de l’humain dans l’homme ?.. Sur l’enseignement des Hommes Vrais. D’eux provient le Vrai Savoir.

Tchouang Tseu   chap 6

Tao Te King

10 septembre 2011

La voie qui peut être exprimée par la parole n’est pas la Voie éternelle ; le nom qui peut être nommé n’est pas le Nom éternel.
(L’être) sans nom est l’origine du ciel et de la terre ; avec un nom, il est la mère de toutes choses.
C’est pourquoi, lorsqu’on est constamment exempt de passions, on voit
son essence spirituelle ; lorsqu’on a constamment des passions, on le
voit sous une forme bornée.
Ces deux choses ont une même origine et reçoivent des noms différents.
On les appelle toutes deux profondes. Elles sont profondes, doublement
profondes. C’est la porte de toutes les choses spirituelles.

Les Cinq Empereurs : Yu (2205 BC)

10 janvier 2010

Yu (?, souvent appelé Da Yu ?? ou « Yu le Grand ») est le premier monarque légendaire chinois de la Dynastie Xia, considéré comme le fondateur de la dynastie. Identifié comme l’un des Trois Augustes et Cinq Empereurs, il est associé à l’invention des techniques d’irrigation ayant permis la maîtrise des fleuves et des lacs chinois.

Le père de Yu, Gun, reçut de l’Empereur Yao l’ordre de réguler les cours d’eau, mais devant son échec cuisant, l’Empereur Shun succédant à Yao le fit mettre à mort. Recruté comme successeur de son père, Yu commença à draguer de nouveaux canaux à partir des fleuves, ce qui nécessita treize années et le travail de quelque 20 000 ouvriers.

Yu est aussi associé à la persévérance et à la détermination. Il est révéré comme le fonctionnaire parfait. On raconte que, durant les travaux d’irrigation, il passa devant sa maison trois fois mais ne rentra jamais, considérant qu’une réunion de famille lui prendrait du temps au détriment de la tâche qui lui avait été confiée.

Shun fut tellement impressionné par les efforts de Yu qu’il le choisit au lieu de son propre fils pour régner après lui.

Selon les textes historiques, Yu mourut au Mont Kuaiji (au Sud du Shaoxing), alors qu’il était venu chasser sur la frontière méridionale de son Empire. Un mausolée y fut construit en son honneur. Un grand nombre d’empereurs de la période impériale s’y rendirent pour honorer sa mémoire, notamment Qin Shi Huang Di. Le temple de Dayu Ling (???) fut construit sur le site où les cérémonies se déroulaient traditionnellement.

Avant l’époque de Yu, le titre d’Empereur était transmis à la personne considérée comme ayant la plus haute vertu. Cependant, le fils de Yu, Q? (?) fit ses preuves et fut recommandé pour être le prochain dirigeant de la dynastie. C’est ainsi que fut adoptée la règle de la transmission héréditaire du pouvoir en Chine.

Il a été divinisé, en particulier comme eaux, divinité taoïste.

Shi Xuanzhao

10 janvier 2010

 

Shi Xuanzhao était un moine pratiquant la vie religieuse dans la vallée des Pies Blanches du Mont Songshan. Homme sans pareil dans le milieu bouddhique pour sa vertu et ses connaissances, il prononçait des sermonts sur le soutra de Lotus. En dépit des rigueurs de l’hiver ou de la canicule, la salle était toujours pleine de monde. Parmi les auditeurs, il remarqua trois vieillards à la barbe et aux sourcils blancs et à l’allure étrange, qui l’écoutèrent pendant plusieurs journées avec la même concentration. Ce qui lui parut bizarre. Un matin, ceux-ci vinrent se présenter à lui.

- Nous, vos humbles disciples, dirent-ils, sommes des Dragons. Nous avons chacun une fonction à laquelle nous consacrons toutes nos peines depuis des milliers d’années. Nous avons profité de vos leçons sans pouvoir vous remercier. Nous vous prions donc de nous donner une indication afin que nous puissions vous rendre quelque service, si mince, soit-il.

Le moine dit :
- A l’heure actuelle, le soleil est exceptionnellement torride pour la saison, et sécheresse et famine sévissent dans le pays. Je serais exaucé si vous pouviez envoyer une pluie opportune.

Et les trois vieillards de répondre :
- c’est facile de rassembler des nuages et faire tomber la pluie. Seulement celle-ci est réglée selon une discipline rigoureuse; sans un ordre de là-haut, nous risquerions la peine capitale. Voilà ce qui nous rebute. Nous pensons à une solution envisageable. Etes-vous enclin à nous prêter main forte ?

- Je vous prie de me faire savoir cette solution.

- Monsieur Sun Simiao* (Sun Simiao était un célèbre savant de la dynastie des Tang (618-907) son ouvrage mentionne plus de 800 plantes) habite dans la montagne Shaoshi, c’est un homme jouissant d’un considération et d’un pouvoir étendu. Lui seul est à même de nous faire échapper à la punition. Accepteriez-vous de vous déranger pour solliciter sa protection ? Si oui, la pluie viendra vite !

- Je sais que Monsieur Sun habite dans cette montagne, mais je le connais mal. Est-ce que cela vaut vraiment la peine ?

- La bienfaisance de Monsieur Sun est incommensurable. Il est l’auteur du « Précis des recettes et des plantes médicinales »(*) dont mille générations à l’avenir seront les bénéficiaires.

Son nom figure dans le registre du Palais de l’Empereur Céleste de Jade. C’est vraiment un homme d’une grande noblesse. Il suffira d’un mot de lui pour que nous en sortions sains et saufs. Seulement, il faut obtenir la promesse avant d’agir;

 

Ceci dit, les trois vieillards expliquèrent la démarche à suivre à Xuanzhao. Celui-ci se rendit donc à la demeure de Simiao. Il s’y comporta avec respect et s’exprima avec sincérité. Puis il se recueillit longtemps avant de dire :
- L’on sait, Monsieur, votre vertu de sage, votre magnanimité de sauveur. Aujourd’hui, le soleil a tué tous les jeunes plants, la population exténuée crie son désespoir. C’est le moment d’exercer charité et bienveillance. Je sollicite votre générosité pour sauver les hommes du péril et de la pénurie.Siamo répondit :
- Simple ermite de la montagne, je suis dépourvu de toute possibilité. Que puis-je faire pour eux ? Je ne m’épargnerai pas si je peux leur être utile, d’une façon ou d’une autre.

- Le modeste moine que je suis, poursuivit Xuanzhao, ai rencontré hier trois Dragons. Je leur ai demandé de faire venir la pluie, leur réponse fut que sans l’ordre de l’Empereur Céleste de Jade, ils risquent irrévocablement la mort. Grâce à votre prestige et à votre mérite, vous êtes de force à les faire exempter de ce châtiment. Ils m’ont confié cela et attendent humblement votre décision.

- Qu’ils agissent de leur mieux, je me mets à votre disposition et ferai mon possible.

- Après la pluie, reprit Xuanzhao, les trois Dragons viendront se réfugier dans l’étang derrière votre demeure. Lorsque viendra un homme de physionomie insolite pour les arrêter, je vous prie de lui expliquer les faits et de le congédier.

Sun Simiao donna sa promesse et le moine prit le chemin du retour. Il vit les trois vieillards se tenant sur le côté de la route. Xuanzhao leur transmit la parolede Simiao, et ceux-ci lui promirent une pluie qui durerait le jour et la nuit, sur une étendue de mille lis. Ce fut en effet ce qui se passa à l’heure indiquée, et une vaste superficie de terre fut abondamment arrosée.

 

Le lendemain, Xuanzhao vint encore chez Simiao. Tous deux se mirent à causer lorsqu’entra un homme à l’aspect peu commun. Il se dirigea droit vers le bord de l’étang, cria d’une voix rauque. L’eau se transforma instantanément en glace. Trois loutres, une blanche et deux noires, en sortirent. L’homme les attacha à une ficelle rouge et s’apprêta à partir. Simiao le fit venir et lui dit :
- C’est vrai que les trois bêtes ont commis hier un crime que même la mort ne saurait racheter. Mais c’est pour répondre à ma volonté qu’elles ont enfreint l’ordre céleste. Je vous prie de me faire la grâce de les relâcher et de présenter mes excuses sincères en haut lieu afin que soit levée la lourde punition qui pèse sur elles.L’homme s’inclina, libéra ses prisonniers et s’en fut avec sa ficelle rouge. Un instant plus tard, les trois vieillards vinrent remercier Simiao et lui proposèrent une récompense. Sun Simiao répondit :
- Tout devient inutile dans ma demeure de la montagne. Je n’ai besoin de rien.

Le trio s’adressa alors à Xuanzhao pour connaître ses voeux. Celui-ci dit aussi :
- Un montagnard comme moi n’a d’autre besoin que de manger et s’habiller. A part cela on ne demande rien. Ce n’est pas nécessaire de me récompenser.

Comme tous trois insistèrent encore, Xuanzhao dit :
- Il y a une montagne qui bouche le chemin devant mon temple, est-ce que vous pourriez la déplacer pour dégager la route ?

- Rien n’est plus facile ! Mais ne nous en veuillez pas trop si vous êtes dérangé par le vent et la foudre.

La nuit même, le monde fut ébranlé par le tonnerre et la foudre. Lorsque vint le matin et que le brouillard se dissipa, la vue devant le temple se trouva entièrement libre. On pouvait distinguer comme sa paume les perspectives à plusieurs lis de distance.

Le trio revint encore une fois remercier Xuanzhao et prendre congé de lui. Ayant eu la noblesse de décliner toute offre, Sun Simiao était bien l’homme supérieur que l’on disait.

Jingwei comble la Mer

10 janvier 2010

Nü Wa, fille cadette de Yandi, le Dieu du Soleil, était naïve, gaie et belle. Elle allait jouer chaque jour sur la plage, au bord de la Mer dont elle aimait voir les flots bleux tumultueux et recueillir les coquillages multicolores éparpillés sur le sable.Un jour, alors qu’elle allait sortir, sa mère la prévint :
- La tempête menace aujourd’hui, ne va pas à la plage!

Cependant, sourde aux recommandations de sa mère, Nü Wa s’y rendit quand même.

Après avoir ramassé bon nombre de coquillages, elle alla se poster sur la pointe d’un récif. De là, elle pouvait contempler l’écume blanche sur les flots qui venaient se briser contre les rochers et les mouettes, leurs ailes blanches déployées, qui tournoyaient au-dessus de la Mer.

- Ah! Comme la Mer est belle! Je comprends pourquoi mon père venait prendre ici son bain quotidien! Se disait silencieusement la fillette sans s’apercevoir que la tempête menaçait à l’horizon et qu’elle était en train de se ruer vers la côte.

Une bourrasque chaude et humide annonça l’orage. Il arriva si vite que Nü Wa n’eut pas le temps de prendre la fuite. Elle fut emportée par les vagues hautes comme des montagnes qui déferlèrent sur le rivage.

Au plus fort de l’orage, la mère de Nü Wa accourut sur la plage. Le vent hurlait, la pluie tombait à verse. Vacillant sur ses jambes, elle ne pouvait ouvrir ses yeux. Cependant, elle cria de toute la force de ses poumons :
- Nü… Wa !… Nü… Wa !…

Mais nul écho ne répondit à son appel. Elle n’entendit que le hurlement du vent, le crépitement de la pluie et le grondement de la mer.

 

Puis, la tempête passa et la Mer peu à peu s’apaisa. Mais, Nü Wa ne revint jamais.Assise sur le sable de la plage, sa mère pleurait à chaudes larmes, le coeur brisé, le visage défait.

La pauvre petite Nü Wa n’aurait jamais pu imaginer qu’un jour la Mer qu’elle aimait tant deviendrait si féroce et perfide et qu’elle l’emporterait dans son jeune âge.

Après la mort de sa fille, la maman, l’âme indignée et blessée, se transforma en oiseau, l’oiseau Jingwei. C’était un oiseau à tête multicolore, au bec blanc et aux pattes rouges, qui habitait à l’ouest, sur le mont Fajiu. Jingwei nourrissait une haine farouche envers la Mer qui s’était emparée de la jeune Nü Wa.

Elle s’était jurée de venger la petite fille en comblant la Mer perfide. Depuis, jour et nuit, elle transportait dans son bec des branches d’arbre et des pierres qu’elle lâchait au dessus des flots.

Des années et des années durant, Jingwei ne cessa jamais son travail. Combien était-on ému et respectueux devant la noble ambition et la volonté inébranlable de Jingwei !

On dit que, peu après, Jingwei convola avec un oiseau des tempêtes. Ils eurent des fils oiseaux des tempêtes et des filles Jingwei. Les oiseaux des tempêtes, nés d’une mère intrépide, bravaient la tempête chaque fois qu’elle se déchaînait, faisant face aux vagues et traversant les nuages noirs, tournoyant et planant sans relâche au-dessus de la mer démontée en lançant des appels au combat et à la vengeance.

Les filles Jingwei continuèrent la tâche inachevée de leur mère avec la même volonté, transportant, année après année, génération après génération, des branches et des pierres qu’elles jetaient dans la Mer en vue de la combler un jour.

Depuis l’antiquité, on appelle Jingwei « l’oiseau innocent » ou « l’oiseau volontaire », termes qui traduisent pleinement la compassion et l’admiration des hommes pour cet oiseau.

L’ Art du Tao

26 septembre 2008

Avant la naissance de la matière
Il y eut la naissance de la potentialité.
Avant la potentialité, I’origine.
Une Essence.
Une vie, silencieuse immobile, immuable,
La beauté inexprimée de la Vérité,
Mère uniquement d’Elle-même.

On I’a appelée Dieu,Tao, Mère Divine,
Esprit Universel.
Aujourd’hui, il semble bon de I’appeler Amour.
Ou peut-être Esprit d’Amour,
Puisqu’un Esprit implique une grandeur
omniprésente
Aussi commune que notre souffle.

L’Amour n’est pas une émotion ou un sentiment.
Il est le Sans-forme et la substance pénétrant
Le vu et le non-vu ;
Il est la graine et la matrice de ‘Univers.
Appelez-le comme vous voudrez il habite
Juste au-dessus des limites de nos capacités
à décrire.

Il a été dit un jour « Dieu est Amour ».
Ainsi,le Ciel recherche I’Amour
La Terre recherche I’ Amour
Les gens recherchent I’A mour.
C’est ce qui nous grandit.
Les gens demeurent sur la Terre
La Terre dans le Ciel
Le Ciel dans I’Amour.
L’Amour demeure dans tout.
C’est ce qui nous rend Un.

Haven Trevino

Les Neuf Immortels

16 juin 2008

Les Neuf Seigneurs immortels auraient vécu sous le règne de l’empereur Wu des Han (140-86 av. J.-C.).

A cette époque, l’empereur avait nommé un certain Wu Zhu roi de Min. Le père des neuf futurs immortels, qui se nommait He, était gouverneur, taishou. Son ministre, chenxiang, se nommait Bao Jie et il tint un rôle important dans leur histoire. Le gouverneur He avait une seule épouse, Dame Lin. Elle mit au monde neuf fils aveugles à l’exception de l’aîné qui pouvait voir d’un œil. Toute l’histoire tourne autour du fait que ce père ne supportait pas l’image que lui renvoyaient ses fils infirmes, ou disons pour adopter le point de vue et le langage chinois que cette infirmité de ses fils lui faisait, à lui, « perdre la face ». Un enfant doit être à l’image de son père, et le plus ressemblant possible, de même que tout homme doit un fils aux générations qui l’ont précédé, afin que se perpétuent la généalogie et le culte des ancêtres. Un enfant infirme est une insulte faite à toute la lignée et constitue la preuve que son essence commune, son jing, est pervertie. Aussi leur père fort peu aimant et bien peu perspicace voulut-il les tuer pour effacer sa honte, sa perte de face. Mais la famille intercéda en leur faveur et ils vécurent alors au fond du jardin, cloîtrés dans une pièce où ils demeuraient assis autour d’un fourneau, sans manger ni dormir et sans tenir compte du froid ou de la chaleur. « Comme une ligature autour du foyer au nouvel an », dit-on, ce qui signifie précisément l’union de la famille en ce moment de passage.
Un jour où le père offrait un banquet à son ministre, les neuf fils firent irruption de manière grotesque et vinrent saluer. Le père fut au désespoir, tandis que le ministre les questionnait, et ses questions étaient bien étranges. Il leur demanda : « Etes-vous frères d’un même ventre ? », à quoi les frères répondirent : « Oui, nous sommes comme pieds et mains », ce qui, pour être l’expression usuelle en chinois, n’en est pas moins intéressant. Le ministre poursuivit son interrogatoire : « Pourriez-vous vous séparer ? » A quoi ils répondirent : « Non, nous vivrons et mourrons ensemble. » « Que souhaitez-vous alors ? » demanda le ministre. « Nous voulons nous retirer comme ermites dans la montagne. » Mais le père obstiné, craignant qu’ils ne deviennent des mendiants et n’ajoutent encore à sa déchéance, voulut s’y opposer. Le ministre promit alors de leur fournir des vivres et il les conduisit à Fuzhou, au mont de Jade, Yü shan. Au bout de trois ans, au cours desquels ils refusèrent toute nourriture et pratiquèrent l’alchimie interne et le raffinement du cinabre, tout en distillant et absorbant des plantes, ils obtinrent la drogue d’immortalité qu’ils avalèrent. Ayant terminé leur ascèse et rendu visite au ministre bienfaiteur, dont ils avaient néanmoins décliné les offres d’aide, ils voulurent se rendre chez leurs parents afin de prendre congé d’eux. Le père, les voyant arriver en haillons et toujours à la queue leu leu, ne supporta plus sa honte. Il ordonna à un serviteur de les mener jusqu’au pont qui enjambe la rivière Min à Fuzhou, et de les noyer. Ce que le serviteur se résolut à entreprendre. Mais voici qu’arrivés au bord du fleuve les neuf frères, d’un même élan, se jetèrent dans l’eau et y disparurent. On dit qu’ils firent cela pour se purifier. Au bout d’un instant, leurs têtes reparurent à la surface de l’eau, et, miracle, leurs yeux étaient ouverts ! Le frère aîné continua de surpasser les autres en ayant de surcroît un troisième œil sur le front. Alors ils se transformèrent en carpes, poisson symbole de la longévité, et s’envolèrent vers le sud. Ils arrivèrent à Xinghua, où se trouve un lac encore nommé aujourd’hui Jiulihu, le lac des Neuf Carpes. Après avoir nagé dans ses eaux quelques jours, ils se transformèrent en neuf taoïstes qui se dirigèrent vers le Shizhu shan de Fuqing, où ils devinrent des divinités.
Plus tard, ils donnèrent au ministre bienfaiteur un diagramme divin, charte de l’univers, qui lui permit de réussir dans ses plans d’aménagement de la ville. Le ministre, puis le père et toute la famille, y compris leurs animaux domestiques, montèrent bientôt « au ciel en plein jour », où ils devinrent, à leur tour, des immortels.

L’Energie suit la pensée

6 juin 2008

Il y avait dans l’air une atmosphère particulière et les cimes, lentement, se dégageaient de la brume matinale. Son fils l’accompagnait dans cette promenade alpestre et il s’arrêta un instant pour lui montrer comment, à l’aide d’une loupe, concentrer les rayons du soleil pour obtenir une flamme.
“Tiens fermement la loupe entre tes doigts, concentres-toi sur ce point de lumière…
Non, pas ainsi, si tu bouges sans cesse, si tu te focalises en plusieurs endroits, tu vas disperser l’énergie et jamais le feu ne se produira. Fais taire ton agitation intérieure; il faut un peu de patience et de temps pour que les choses adviennent.
Vois-tu, la pensée est comme cette loupe, l’énergie est comme ce rayon de soleil, et souviens-toi bien de ceci :

L’ÉNERGIE SUIT LA PENSÉE

Là où tu poses le regard, l’énergie afflue : ton œil est comme une loupe et ta pensée est cet œil intérieur qui, en s’appliquant, concentre l’énergie.
Pour autant, il te faut comprendre que cette énergie n’est en elle-même, ni bonne ni mauvaise, et qu’il ne dépend que de toi de l’appliquer selon ta conscience.
L’énergie divine, comme les lois de l’amour, sont neutres et sur notre planète n’attendent que la conscience humaine pour révéler leur Pouvoir d’Amour.
Aussi, détermines avec soin ton objectif et poursuis-le avec cette volonté particulière grâce à laquelle il se réalisera.
Cependant, ne confonds pas volonté et tension car une tension excessive ferait trembler ta main dans l’attente anxieuse du résultat.
Appliques-toi avec confiance, avec cette sorte de sérénité qui sait que tout n’est qu’une question de temps pour celui qui veut, si sa volonté est en accord avec la volonté divine.”
“Papa, lui dit l’enfant, il y a un nuage”
Son père se mit à rire : la condition humaine est pleine de ces obstacles, de ces impondérables sans lesquels la vie n’aurait pas de sel. L’homme n’a que le pouvoir de concentrer l’énergie; ce n’est pas sa propre volonté mais la volonté de Dieu qu’il concentre ainsi et qu’il lui est donné d’accomplir lorsque le temps est venu.
Il se tourna vers son fils : “c’est une leçon difficile, vois-tu, que de cultiver à la fois la volonté et le détachement. Volonté tendue vers un but, sans pour autant t’identifier à ce but, sans permettre à ce but d’envahir ta liberté, à ce désir d’envahir ta conscience en une sorte de fanatisme qui ne voit plus rien d’autre !!”
“Par dessus tout, cultive cet humour qui est la marque des êtres libres, surmonte ce dépit et ces déceptions qui jalonnent l’existence comme autant de nuages car ces nuages sont là pour te rappeler que tu es un fils de Dieu”.
A présent, les champs d’ombre et de lumière alternaient et se déplaçaient sur les cimes à demi-enneigées, leur offrant le spectacle d’un mouvement silencieux et grandiose.
“Un jour viendra nécessairement où le nuage sera bien sombre, un jour où tu te douteras de l’existence même du soleil. Souviens-toi de cet instant, de ce petit dépit d’aujourd’hui qui demain, sera une grande souffrance: alors, je t’en prie, ne laisse pas cette souffrance avoir raison de ton âme, car ce nuage est là pour te rappeler que tu es un fils de Dieu, afin que Sa Volonté soit la tienne, afin que son Amour soit le tien”.
A ces mots, ils se retrouvèrent inondés de lumière.
L’enfant prit la loupe et tandis qu’il se concentrait, la chaleur du soleil sur sa main venait comme une douce certitude et il se mit à croire en cette flamme sur le point de naître. Ce qui semble être un miracle résulte de la concentration d’une énergie divine focalisée par une intention humaine.

En cet instant béni,
il découvrait qu’avec la persévérance et la foi,
si telle est la volonté de Dieu,
Tout est possible.

L’Energie suit la pensée

6 juin 2008

Un Rêve

17 février 2008

On raconte qu’il y avait autrefois un bachelier qui avait plus d’un tour dans son sac.

Son professeur était extrêmement sévère; à la moindre incartade, les élèves n’échappaient pas à la bastonnade.

Un jour, le rusé disciple fut convaincu de faute. Le maître, bouillant de colère , l’envoya immédiatement quérir et en attendant son arrivée s’assit dans la grande salle. L’élève entra, et s’agenouillant devant son maître, il dit, sans parler de sa faute:

- Je voulais venir plus tôt, mais j’étais en train de faire des plans pour employer au mieux mille onces d’or qui me sont échues par hasard.

La colère du professeur s’évanouit comme par enchantement lorsqu’il entendit le mot « or ».

- D’où te vient cet or ? Demanda-t-il vivement.

- Je l’ai trouvé enfoui dans le sol, répondit l’élève.

- Quel emploi songes-tu en faire ? Poursuivit le maître.

- Je suis d’une famille pauvre, dit l’élève, nous n’avons pas de propriété familiale, aussi avons-nous décidé, ma femme et moi, de consacrer cinq cents onces d’or à l’achat de terres, deux cents onces pour nous bâtir une maison, cent pour la meubler et cent pour acheter des esclaves. Des cents onces restantes, la moitié me servira à acheter des livres, car désormais je veux travailler avec ardeur, et j’offrirai l’autre moitié à mon professeur pour le remercier des enseignements qu’il m’a donnés. Voilà mes plans.

- Est-ce possible ? Je ne suis pas digne d’un tel hommage! Dit le professeur.

Il convia son élève à un somptueux repas. Tous deux parlaient et riaient et buvaient mutuellement à leur santé.

Dans un état voisin de l’ivresse, le maître demanda soudain:

- Tu es venu précipitamment; as-tu au moins mis l’or dans un coffret avant de partir?

L’élève se leva pour répondre:

- Hélas! Je n’avais pas encore tout à fait terminé mes plans que ma femme m’a réveillé en se retournant et, quand j’ai ouvert les yeux, l’or avait disparu! Je n’ai pas eu besoin de coffret…

Stupéfait, le professeur demanda :

- L’or dont tu parlais, c’était donc un rêve?

- Mais oui! Dit l’étudiant.

Le professeur sentit une violente colère l’envahir, mais comme son élève était son invité, il ne put s’emporter contre lui.

Lentement, il prononça:

- Tu as de bons sentiments pour ton professeur, dans tes rêves; quand tu feras réellement fortune, tu ne m’oublieras certainement pas.

Et de nouveau, il emplit le verre de son disciple.

1234